Vendredi 30 novembre 2007
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16:13
Les petites absences
Prologue -Il faut du temps
On entend d’abord la voix de Cyprien puis il apparaît et vient parler au public à l’avant-scène. Il a sûrement des écouteurs, un casque sur la tête. Il est maintenant adulte. A la fin du
prologue, il va prendre sa place sur le plateau, il a alors treize ans.
Cyprien
-Allô, vous me recevez ? Cinq sur cinq ? Ok ! C’est moi, Cyprien, je vous parle de la planète Terre où je suis né . Mon père Jason Licare, ma mère, Hélèna et ma petite sœur, Ninon qui dit
toujours non.
Pour l’instant, je ne suis pas encore parti dans le néant, pchitt !
J’ai appris à dire « je »quand je parle de moi. L’enfant Cyprien, il ne pouvait pas. Dur, dur pour faire sortir ce je-moi du corps Cyprien.
Les autres, ils disent : -Ils meurent jeunes quand ils naissent comme ça. Je l’ai entendu, des mots-couteaux au ventre de maman.
Surtout, il ne faut pas s’inquiéter pour le néant, c’est comme avant la naissance, et personne ne s’inquiète avant d’être né, non ?Alors pourquoi avoir peur de mourir ?
La vie ? Une poignée de temps, pchittt !
Il suffit de regarder les étoiles pour savoir ça.. Maintenant, moi, Je suis adulte mais j’ai encore beaucoup de mal à comprendre les autres. Ils disent une chose, en font une autre. Je préfère
observer le ciel et réfléchir aux étoiles qui brillent alors qu’elles sont mortes depuis…Oh, des milliers d’années.
Les humains, c’est pareil, ils continuent d’être de petites lueurs après leur mort.
Vous savez où il est possible d’observer ces lueurs, vous ?
C’est le genre de question que je me pose, oui…
Je voudrais dire aussi qu’on peut être triste et heureux à la fois, certains pleurent de rire, on ne dit jamais qu’ils rient de pleurer, et pourquoi ? Il faut du temps pour réfléchir à tout
ça. Il n’y a pas toujours une solution à trouver comme pour un problème de mathématiques. Lorsque je suis agité, en colère, à cause d’une solution que je ne trouve pas, je cherche à
observer une chose très petite comme une fourmi par exemple, et une autre très grande, comme le ciel, ensuite je ferme les yeux et je laisse la fourmi se promener dans le ciel et ça me
calme.
Sylvie ROBE
Par Sylvie Robe
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Publié dans : Les petites absences
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